| Ciné-Passion en Périgord |
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On ne va pas au cinéma pour échapper à la télévision ! On va au cinéma pour aller au cinéma.Envie de se faire une toile en habitant en Dordogne ? Rien de plus facile. Outre les salles des trois principales agglomérations périgourdines, le réseau Ciné-Passion en Périgord tisse sa toile sur vingt-deux points de projection en milieu rural. Ce réseau est le résultat de plus de vingt-cinq ans de politique publique des collectivités locales (les mairies) et territoriales (le Conseil Général de la Dordogne, le Conseil Régional d’Aquitaine, l’Etat, et même l’Europe - dans le cadre du programme Leader 2 haut-Périgord). Le cinéma à la campagne n’est pas une utopie, surtout dans l’hexagone où le parc de salle est l’un des principaux au monde. La Dordogne n’échappe pas à la règle.
Ça commence à Saint-Astier…Dès 1986, quelques « fêlés de ciné », Jean-Claude Camboulives, André Champeaux, Daniel Mignard... regroupés autour d’un jeune bénévole, Yannick Biot, vont convaincre Jacques Monmarson, maire de Saint-Astier, de racheter le cinéma La Fabrique qui devient alors le premier cinéma municipal d’Aquitaine. Dès lors, une dynamique s’instaure et trois autres salles privées du département (Ribérac, Nontron, Montignac) reprennent la même idée, celle de faire perdurer la vie de la salle. Le Conseil Général de la Dordogne, sous l’impulsion de Guy Schneller, a su, dès 1990, faire confiance à ces acteurs de terrain. En effet, il a souhaité mettre en synergie la volonté politique départementale et les souhaits des municipalités périgourdines afin de fédérer les cinémas dans un réseau de salles du milieu rural, lieux culturels de proximité indissociables de tout développement socio-économique.
Le développementEn 1991, le cinéma associatif le Club à la Roche Chalais, intègre le réseau. Puis, en 1997, ces cinq salles décident communément de créer un circuit de cinéma itinérant, par solidarité avec le Nord du département. Ce circuit itinérant est le seul de France à avoir été créé à l’initiative de salles de cinéma sédentaires. Entre 1998 et 2003, cinq autres municipalités (Le Buisson de Cadouin, Terrasson, Thiviers, Mussidan et Montpon Ménestérol) vont se rapprocher de Ciné-Passion en Périgord. La Dordogne est à ce titre un exemple. C’est en effet un département qui a vu sa fréquentation cinématographique quadrupler en l’espace de quinze ans en milieu rural (65 000 spectateurs en 1993, 250 000 en 2005), et ce grâce à son réseau de salles (cinq salles en 1991, dix salles plus un circuit itinérant en 2003). La salle de cinéma devient, au-delà du lieu permettant la projection de film en exclusivité, un lieu de convivialité que les spectateurs s’approprient notamment par l’acquisition régulière de cartes d’abonnement
L’accès au filmLa salle de cinéma est une structure qui clôt un système, production, distribution et exploitation. Néanmoins, depuis la fin des années 90, la salle de cinéma ne clôt plus la chaîne et le DVD, la VOD, la télévision par satellite ou la TNT permettent à de nombreux amoureux du cinéma de « se faire un ciné à la maison ». Les entrées en salle ne représentent plus que 30 à 70 % des recettes d’un long métrage. Les salles de cinéma de Ciné-Passion en Périgord font toute preuve d’une hétérogénéité concernant leur programmation. Toutes classées « Art et Essai » (y compris le circuit itinérant), elles conjuguent chaque semaine le doux équilibre entre film commercial, film d’auteur, film jeune public, film du répertoire ou encore documentaire…
L’organisationLe Centre Culturel La Fabrique, siège de l’association, est le lieu fédérateur des responsables de salles. Ils s’y rencontrent chaque mois afin de partager savoirs et incertitudes. C’est un espace temps où les dix animateurs-projectionnistes parlent un langage commun, complétant les échanges quotidiens qui les lient à leurs employeurs (mairie ou association). Cette concertation visible (par des animations, des rétrospectives, des mises en place d’avant-premières ou de sorties nationales) et invisible (échange de savoirs, entretiens quasi quotidiens, échanges de films permettant une meilleure exclusivité, programmation en amont sur les films porteurs et sur les films d’auteurs) a permis rapidement à chacune des salles adhérentes de se forger une image d’outil culturel de proximité et d’accueillir chaque année d’avantage de spectateurs. |