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Saint-Astier Triathlon célèbre ses "hommes de fer" de retour du Mexique




Samedi 14 novembre, au stade du Roc, après l'entraînement des jeunes de l'école de triathlon, le club a rendu hommage à ses deux représentants qui ont brillamment terminé l'Ironman de Los Cabos (3,8 km natation, 180 km vélo, 42 km course à pied).

Olivier Pourteyron, ancien champion du monde de kayak et entraîneur bénévole de natation du club, a présenté et commenté plusieurs vidéos de la course et de leur périple. L'ouragan Patricia les a épargnés en passant plus au Sud, mais la mer était encore très agitée comme l'attestaient les rouleaux de vagues au moment du départ. En finissant 7e au classement général et 4e de la catégorie d'âge 35-39 ans, il se qualifie pour le championnat du monde 2016 à Hawaii, réalisant son deuxième rêve sportif sept ans après avoir débuté le triathlon, alors qu'il lui avait fallu quinze ans pour arriver au sommet mondial en kayak!

Pascal Fournier, en tant que médecin, connaît bien les capacités du corps humain même s'il reconnaît avoir mésestimé les effets de la chaleur tropicale humide. Il a pu enchaîner sa troisième épreuve Ironman en onze mois après Busselton (Australie) en décembre 2014 et l'Ironmedoc fin mai 2015, le tout à plus de 50 ans ! Au total, il compte treize Ironman à son palmarès depuis 2005. Il a pour objectif de découvrir les courses d'Afrique et d'Asie, les deux derniers continents qu'il n'a pas  encore visités !

Lionel Roye, longtemps animateur de l'école de triathlon du club, les a félicités en connaisseur puisqu'il vient de terminer 4e Français (et 1er non professionnel) à Hawaii en octobre dernier pour sa 6e participation au championnat du monde.

Les jeunes présents ont pu aussi faire la connaissance de Fabrice Bossion, voisin aquitain et ami de longue date du club, qui leur a fait admirer ses trois médailles de champion du monde Master (catégorie d'âge 50 ans) remportées cet été en triathlon sprint et courte distance, et en aquathlon (natation-course à pied).

Avec de tels exemples, gageons que la jeune génération aura pour objectif de suivre les traces de Lionel, Olivier, Pascal et Fabrice. Fidèles aux valeurs de convivialité et de plaisir d'être ensemble, c'est autour d'une collation que les participants ont achevé l'hommage à leurs champions.
 


Récit de course d'Olivier Pourteyron
7e au classement général, 4e de sa catégorie d'âge

L'arrivée au Mexique s'est faite sans difficultés mais l'adaptation au climat et au décalage horaire a été un peu difficile, surtout pour Pascal le mercredi avec un gros coup de mou sur la sortie vélo du mercredi. Temps calme et visite le jeudi et vendredi, ce qui a permis l'adaptation au climat et au décalage horaire. L'ouragan Patricia étant passé bien au sud, il a juste apporté des vagues sur l'océan Pacifique. Samedi c'est l'heure de préparer le matériel et de le déposer dans le parc à vélos. L’organisation à la mexicaine est très particulière (c'est un peu le bazar, mais ça fonctionne !). Petite nage dans l'eau, effectivement ça bouge.

Jour de la course : le réveil se fait vers 4h (ça fait déjà 1h que je ne dors pas). départ vers 5h30, comme prévu avec Pascal, je suis assez serein mais toujours avec le doute de savoir si je vais tenir toute ma course, pourtant ma prépa a été faite comme prévu. Je fais un échauffement de 10/12 minutes dans l'eau, ça bouge mais j'aime bien ça. Des sas de séparation selon le niveau sont organisés pour la natation, je me place en 3ème ligne. Quand le départ est donné je me positionne rapidement dans les premiers, il y a un groupe d'une dizaine devant moi, j'arrive à placer ma nage et me mettre dans des jambes, le rythme ne me semble pas infernal. Je me concentre sur mon amplitude et mon relâchement, la première bouée se profile ! Arrivé à 50 mètres je fais 5/6 mouvement de bras sans relever la tête et soudain la bouée se trouve à 20 mètres à droite... Je viens de dériver dans un fort courant et les mecs devant moi aussi ! Je me mets à changer de cap mais n'arrive pas à remonter sur la bouée, j'accélère en mettant les jambes, je suis à bloc et à 5 mètres de la bouée, je me retourne tout le monde nage en direction de la bouée, je continue pendant 30" je lève la tête, je n'ai pas avancé, je me retourne de nouveau et je vois un officiel sur un bateau faire signe de continuer (super 30 à 40" à bloc pour rien et un groupe qui est revenu). Je repars courant dans le dos, je cherche des jambes devant moi pour m'économiser. Après avoir lâché un groupe à 500 m de la sortie de l'eau je me relâche au maximum, sortie de l'eau en 57' sans combinaison à cause de la température élevée de l'eau, effectivement c'est une natation rapide grâce au courant.

Maintenant que l'entrée est avalée, passons au plat principal. Dès le départ vélo, je suis chaud. Je ne connais pas ma place mais c’est pas grave, j’accroche 2-3 cyclistes gros rouleurs pendant 15km. Je sens que ça va vite au bout de 20 km et je regarde mon cardio-fréquencemètre qui annonce 164 pulsations de moyenne. C’est beaucoup trop haut et je sais que ça ne tiendra pas jusqu’au bout alors je laisse filer le groupe qui me décroche doucement. Au bout de 60 km mon cardio a du mal à redescendre et on attaque la portion du parcours que l’on n’a pas pu reconnaître, c’est une autoroute fermée à la circulation et ça monte. Je me mets sur le petit plateau et je monte souple. Après ce sont des grandes descentes puis du plat sur du bon enrobé. Ma moyenne a bien chuté : de 35km/h sur la première heure, je descends à 33.

Il fait très chaud. L'organisation a placé des ravitaillements tous les 10 km et je commence à comprendre pourquoi ! Je n'en rate aucun et prend de l’eau à chaque fois pour m’arroser. Les ravitos ne dépassent pas 10 mètres de longueur. Il faut donc freiner à chaque passage pour attraper l’eau et il faut crier longtemps avant pour dire ce que l’on veut ("water", "Gatorade", "Coca"). Une fois sur deux, je suis obligé de m’arrêter.

Je me relâche sur le deuxième tour, c’est une course d’attente. Je bois, je mange, je monte les grosses côtes sur la petite plaque. Je vois beaucoup de défaillances physiques et techniques. Certains concurrents qui m’ont doublé font les mécanos, pourvu que je ne fasse pas partie du lot, il me reste 20 km et je pense déjà au marathon. Dans la descente qui me ramène en T2 (transition 2), mon GPS annonce 32.4 km/h de moyenne et 175 km. Je suis déçu mais il reste le marathon et au vu des conditions climatiques il faut rester dans la course.

C’est le dessert, 42 km à pied, je pars vite je me sens bien, je prends de l’eau tout de suite et je m’arrose, j’enchaîne eau/coca. J’aperçois mes supportrices qui sont là, ça fait du bien au moral. Je suis en pleine confiance et je me donne comme objectif de rester entre 165 et 175 pulsations/minute. Je ne regarde que ça et ne focalise sur aucun temps de passage. Je me concentre sur ma foulée et mon relâchement (je suis entre 12.5 et 13 km/h). Je tiens un rythme correct jusqu’aux 30km. À partir de là, je commence à m’écraser et mon cardio n’arrive plus à monter. Je me mets en mode "tueur", c’est le mental qui prend le relais, je sais qu'il ne pourra plus rien m’arriver. Sur mes 2 passages sur la ligne d’arrivée le speaker m’annonce 7ème et il m’encourage en français. Dans mon dernier tour je me fais doubler pour la première fois par 2 mecs ?? Je commence à marcher sur les ravitos, c’est dur ! Dans les 2 derniers kilomètres, je redouble un gars et je saute le dernier ravito, me voilà dans la dernière ligne droite. Je récupère ma fille Maelis pour passer la ligne d’arrivée avec elle : je sais que je ne ferai pas 10 Ironman alors j’en profite.

9h 58’ c’est un peu loin de mon prévisionnel, mais je suis 7ème. Je suis donc très satisfait de ma place sur un Ironman du circuit officiel. Après l’arrivée, j’apprends que suis 4ème de ma catégorie d'âge. Je me fais masser car je suis fatigué. Le lendemain, place à la récupération. Le soir pour la cérémonie officielle, on apprend juste 5’ avant que quatre places qualificatives pour le Championnat du monde 2016 sont attribuées pour la catégorie 35/39 et non pas trois comme je le croyais. C’est la joie, ce sera donc Hawaii l’année prochaine, sept ans après avoir commencé le triathlon, avec au fond de ma tête une vraie volonté d’aller à Kona. Je remplis un de mes rêves sportifs. Après les championnats du monde de kayak ou il m’a fallu quinze ans pour gagner, Kona reste pour moi une course hors norme où se côtoient pros et amateurs, donc la possibilité de se frotter aux meilleurs athlètes mondiaux. C’est ça qui me fait avancer. Je pense que le triathlon est une discipline qui demande le plus de polyvalence.

Après Hawaii, mon prochain challenge, ce sera sûrement de "transmettre", mais pour l’instant place à Kona pour mes 40 ans…

Récit de course de Pascal Fournier
3 courses Ironman en 11 mois à plus de 50 ans

Je passe sur mes premiers tours de roues le mercredi (60 km), enfer total limite nausées/perte de connaissance au sommet de la dernière côte. Bref j'arrive à rentrer pour enchaîner le petit footing prévu... Aïe ! même punition après dix minutes, le moral prend une gifle… En plus de la chaleur et du décalage horaire, il faut supporter l'humidité tropicale de l'air...

Le lendemain, j'apprends que la natation se fera sans combinaison à cause de la température élevée de l'eau (re-gifle).... Dernière sortie vélo/course à pied le vendredi après-midi : je reprends un peu confiance et cela se passe presque normalement (ouf).

On se retrouve donc à 5h30 au parc à vélos dimanche matin (grâce/malgré l'organisation typiquement mexicaine, c'est à dire plutôt anarchique mais sympa). Je nage au mieux sachant que ça secoue pas mal au départ dans les vagues et à la sortie de l'eau mon temps est moins pire que mes prévisions.
C'est parti pour le vélo, les 60 premiers km sont un peu chaotiques, marqués par trois arrêts (technique et sanitaires) mais je rattrape les copains que j'ai perdus de vue à l'entrée des WC et tout va au mieux jusqu'au 150e km où j'ai un petit mou (à l'entrée du tronçon autoroutier). Mais je continue de remonter des concurrents. Je perds ma trousse de réparation au 165e mais je fonce, estimant que le risque de crever est minime. Je finis le vélo sans filet (et sans autres soucis).
Je commence le marathon vers 14h30 avec un soleil de plomb. Je bois tous les 500 mètres au début mais mon rythme est correct et je vais le garder pendant une trentaine de km. Ensuite le soleil diminue d'intensité mais l'épuisement arrive et c'est là qu'il faut débrancher et "foncer" dans la mesure des réserves disponibles (il en reste toujours un peu, il faut juste arriver à les trouver....).
Je mets mon nœud papillon, mes manchettes (tradition oblige), et je passe la ligne...

Mes temps ne me satisfont qu'à moitié mais en discutant avec Olivier, je me rends compte que c'est pareil pour lui. En regardant les temps des années 2013-2014, je constate que les premiers ont mis une heure de plus en 2015 mais le parcours vélo a été modifié avec 600 mètres de dénivelé en plus). Sur 900 inscrits, seulement 499 ont terminé classés…

Le bilan est donc satisfaisant après analyse à tête reposée.